Maj 30/11/2016 : Abdeslam refuse – encore et toujours – de s’exprimer davantage sur son rôle précis concernant les massacres du 13/11/15 :

http://www.midilibre.fr/2016/11/29/attentats-de-paris-salah-abdeslam-silencieux-face-au-juge,1433083.php

« Pour la quatrième fois depuis avril » précise l’article,  ce dernier « a refusé de répondre aux questions ». Ce mutisme fait suite à une nouvelle annoncée dans les médias au mois d’octobre 2016, à savoir que ses deux avocats, belge comme français, avaient renoncé à représenter Salah Abdeslam. En cause d’après eux, le droit au silence qui est le sien (vive le droit français) et dans lequel il se mure depuis les attentats alors qu’il avait pourtant annoncé le contraire : Abdeslam avait en effet dit qu’il parlerait mais qu’il souhaitait avant cela être transféré en France, ce qui a été fait.

Depuis de nombreux mois déjà, et après moult passages devant monsieur le Juge, Abdeslam reste malgré tout silencieux, ne dévoilant pas plus ses plans ni ses complices que depuis son arrestation l’an dernier. Et là une question nous brule alors les lèvres : fichtre, ce brave garçon nous aurait-il menti depuis le début sur ses intentions ? Son avocat français Franck Berton évoque avec un trémolo dans la voix les conditions inhumaines d’incarcération dont aurait été victime le brave Salah, notamment le fait qu’il subisse le joug d’une vidéosurveillance 24h sur 24.

En tant que citoyen et victime d’attentat, je trouve ce genre de plaintes à la fois aberrante et parfaitement dégueulasse. En tant que juriste, je trouve hélas cela bien amené et quelque part, peut-être bien fondé. Non pas que je trouve le traitement infligé à Abdeslam exagéré, loin de là, très loin de là, mais j’ai tendance à penser que pour obtenir des aveux de ce genre d’enflures, il n’y a que deux méthodes possibles : Good cop and Bad cop… Je m’explique :

1/ La méthode Good Cop

Il aurait fallu dès le début être tout à fait convivial avec le pauvre Salah. Après tout ce n’est qu’une victime de la Société et du racisme ordinaire vous comprenez, quelque part ce n’est pas vraiment sa faute à lui. Qu’importe l’hypocrisie et la stupidité d’un tel raisonnement c’est le genre de propos qu’il aurait fallu tenir devant lui car c’est ce qu’il souhaiterait entendre : le déculpabiliser. Lui enlever toute cette pression qui pèse sur ses épaules, notamment en retirant la vidéosurveillance. Lui apporter des repas chauds – et bien sur, hallal – être bienveillant, à l’écoute. Lui donner un lit king size. Une ou deux putes par jour. Et peut-être que devant tant d’attention et de gentillesse, le mec aurait fini par parler. Peut-être… ou peut-être pas : Soyons réaliste j’en doute fortement dans son cas, quand bien même le type serait un abruti fini à la pisse, ce que tous les indices portent à croire et notamment les déclarations de son avocat belge. Quand bien même, si cette solution pacifiste pourrait s’appliquer à d’autres cas moins gravissimes, elle me parait réalisable. Mais en l’espèce je lui préfère nettement la solution 2…

2/ La méthode Bad Cop

Je pense que vous voyez ou je veux en venir donc je ne ferai pas durer le suspense, la méthode Bad Cop c’est la torture, tout simplement. Une méthode éprouvée, encore utilisée dans de nombreux pays à travers le monde tels que la Corée, la Russie ou encore les États-Unis même si ce n’est pas officiel (d’ailleurs Guantanamo en vrai c’est un camp de vacances, ne vous inquiétez pas). Hélas cette méthode bien qu’ayant fait ses preuves a depuis longtemps été bannie par le droit français et le droit européen – d’ailleurs un petit point de droit pour les plus ignares, le droit européen supplantant le droit français, dans tous les cas nous n’aurions pas les coudées franches…

Cela étant et si cette méthode était possible en France, nul doute qu’Abdeslam aurait parlé depuis bien longtemps, et aurait même probablement avoué jusqu’à ses vols de cartable au CE1.

Le souci, c’est que l’on n’a appliqué ni la méthode 1 ni la méthode 2, les seules valables à mes yeux. Nous sommes restés le cul entre deux chaises, refusant de nous salir les mains et de torturer cet apprenti-terroriste, tout en continuant à l’isoler et le filmer 24h/24 comme un rat de laboratoire. Résultat le gars se braque, ses avocats le lâchent, et nous revoilà dans l’impasse : au final le mec aura droit à un jugement ultra-médiatisé au terme duquel on apprendra qu’il est condamné à perpétuité, sauf que la perpétuité réelle n’existe plus en France, pas plus que la peine de mort. Pendant que le brave peuple sera convaincu de son incarcération à vie, le temps fera son œuvre et Abdeslam sortira de prison d’ici une vingtaine d’années ( je vous promets que je n’exagère pas) et ce, dans l’indifférence générale.

Bilan des courses : encore un monstre dans la nature et des victimes sans réponse, comme toujours, si tant est que ces réponses existent. D’où ma conclusion, moins cynique qu’il n’y parait car émanant d’un souhait tout à fait sincère de ma part : Qu’est-ce que l’État devrait faire de Salah Abdeslam maintenant qu’il a prouvé qu’il n’avait plus rien à dire ? Le tuer, tout simplement.

Cela me parait être la meilleure option, à la fois en matière de justice mais aussi concernant les victimes, toutes les victimes, les « simples traumatisées » comme les blessées comme celles qui ont perdu un proche dans la bataille, et qui ont toutes ce désir de vengeance ancré au fond d’elles – même si beaucoup refusent de se l’avouer parce que cela va à l’encontre de leur fameuse morale judéo-chrétienne.

 

 

 

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