Allez, un peu de sociologie pour varier dans l’approche. Je vais tenter d’être le moins didactique possible, et de ne pas verser dans la psychologie de comptoir. Cet article s’adresse à tous, quel que soit l’âge ou l’environnement, et tentera d’être à portée générale. Comme souvent, il sera destiné aux deux camps idéologiques : aussi bien aux gauchistes mentaux qui assènent  l’argument du titre de façon pavlovienne, qu’aux droitistes qui seraient désireux de piocher ici et là des arguments pour défendre leur position. Dans cette optique, je ne vais donc pas centrer tout l’argumentaire sur ma propre personne, mais l’élargir afin qu’il s’adapte au plus grand nombre.

En premier lieu et me concernant, vous devez vous douter, pour ceux qui suivent ce blog et commencent à connaitre mes prises de positions, que l’argument en question me revient souvent et ce en référence notamment à mon « expérience » au Bataclan. Pour les retardataires, voir : https://levraivisagedelafrance.wordpress.com/2017/01/19/vous-aurez-ma-haine-recit-de-ma-soiree-du-131115-au-bataclan/

Bref, l’idée serait que j’aurais soudainement « vrillé », que j’aurais quitté le camp du Bien pour rejoindre celui des méchants fascistes mangeurs d’enfants à cause d’une unique soirée qui aurait totalement modifié ma façon de pensée. Comme si le fait de d’avoir à faire ce soir-là à trois types musulmans, fanatiques et complétement cinglés m’avait soudainement conduit à penser que TOUS les musulmans de la Terre étaient comme eux. Et donc à les haïr tous, sans distinction aucune. Soyons clairs et précis : si vraiment c’était là mon raisonnement, je serais à peine plus évolué qu’un âne et à peine moins qu’un autiste. Partant de là, je vous avoue que mon égo est particulièrement touché quand des gens viennent entreprendre ce genre de raccourcis fallacieux et particulièrement insultants. Mais Dieu sait qu’ils osent, et parfois même parmi les proches : je me doute qu’à ce stade là cher lecteur, tu vois déjà de quoi je veux parler, tu l’as vécu toi aussi.

Pour revenir au sujet initial à savoir l’élargissement du sujet, le traumatisme en question peut provenir de nombreuses origines : on me l’attribue d’office au Bataclan (en même temps ce n’est pas comme si je me cachais d’avoir été présent ce soir-là…), pour d’autres ce sera un braquage qui aura mal tourné, une agression, un viol, que sais-je encore : il y a mille et une façons d’être traumatisé par la violence de ces populations allogènes qu’on qualifie volontiers de « Chances pour la France », sachant que je me limiterais dans ce post à ce genre de traumatismes, car c’est généralement ceux-là que l’opinion populaire assimile au « rejet de l’autre » et donc à l’extrême droite. Le raisonnement vaut donc pour tous ceux là, pour tous ces gens injustement taxés de racistes, xénophobes, que sais-je encore, alors qu’en vérité la plupart se bornent à constater l’existant (mais là n’est pas le débat). Abordons plutôt ledit argumentaire de façon ordonnée :

Premièrement, je pense que les « traumatisés » sont le mieux à même de connaitre leur statut et de savoir s’ils le sont, traumatisés. Vous allez me dire, c’est comme le fou qui clame haut et fort qu’il n’est pas fou, mais ce n’est pas si simple : beaucoup de « traumatisés » prennent le temps de consulter un psy, de prendre du recul, d’analyser leurs émotions et leurs sentiments. A ce titre je pense plutôt que ces gens-là, qui consultent régulièrement, vont au contraire en apprendre bien plus sur eux-mêmes que les soi-disant gens normaux, et seront au final peut-être bien plus lucides que ces derniers.

Deuxièmement, être traumatisé  n’est pas forcément un état permanent, ou du moins pas dans le sens où vous l’entendez : c’est comme si vous considériez que quelqu’un restait éternellement à l’étape psychologique du deuil pour avoir perdu un être cher. Cela arrive, mais ça reste marginal. Un traumatisme se dépasse, s’apprivoise, sachez-le. Même s’il est toujours présent, on peut vivre avec si on parvient à le mettre en retrait. Parfois il peut même conduire à devenir un homme meilleur.

Troisièmement, en admettons que la personne visée soit encore traumatisée : en quoi le présumé traumatisme empêche-ils de réfléchir ? Pourquoi le traumatisé serait-il FORCEMENT dans l’erreur, et pas vous ? D’ailleurs petit aparté, qui vous dit que vous ne cachez pas vous aussi des fêlures et que vous n’êtes pas vous-même « traumatisé » ? On fait comment en cas d’ex-æquo ?  Plus sérieusement, il faut arrêter avec ces considérations condescendantes au possible qui consistent à dire que celui qui a vu un événement dramatique lui arriver voit son jugement complétement biaisé : cela reste une simple possibilité et ne vous donne en aucun cas l’ascendant moral dans les autres cas de figure. Comprenez que le jugement en question peut simplement être le fruit d’une intense réflexion, et j’en arrive ainsi à mon argument décisif.

Je prendrai mon cas en exemple, mais je pense qu’il peut facilement être transposable aux autres victimes de ce genre de jugements hâtifs et stériles : on me reproche donc d’être devenu de droite dure depuis que je suis revenu du Bataclan. Comme quoi j’aurais une réaction excessive qui serait donc liée à mon fameux traumatisme et à ma colère, que certains et malgré les circonstances ont encore tendance à juger illégitime.

C’est entièrement faux. Comme j’essaie de l’expliquer à longueur d’interviews et de conversations, je n’ai pas fondamentalement changé, loin de là. Simplement, mon rapport à la politique et à la conception de l’Islam était simplement jusque là plus lointain, moins concerné. Comme beaucoup de français moyens, je me contentais d’observer, d’écouter, de participer aux débats mais sans trop m’engager parce que je ne voyais pas forcément l’intérêt de provoquer des cris d’orfraie avec des idées jugées un peu trop excessives. Je n’étais pas lâche, ni hypocrite : juste pas trop intéressé. Le jeu n’en valait pas la chandelle. Mais les idées étaient déjà là, qui avaient déjà fait leur chemin. J’avais déjà constaté la lente déchéance de la société, la dictature de la pensée socialiste, la montée de l’Islam radical, le danger que tout cela représentait. Mais je n’étais pas encore touché de plein fouet ou du moins de façon modérée, bien que j’ai vécu près de trente années à Marseille, ayant donc côtoyé de près les CPF ! En clair, j’accordais à tout cela une importance relative, tout simplement. Ça ne me parait pas si dur à comprendre.

Le souci, c’est que ceux qui font des procès d’intention sont les mêmes imbéciles qui croient que les musulmans intégristes se « radicalisent » du jour au lendemain sur Internet ou après un prêche un peu trop excessif (d’ailleurs merci pour la comparaison, c’est toujours agréable). C’est bien sur complétement idiot, et faux pour eux, comme pour tout le monder. Mettez vous bien ça en tête, PERSONNE ne change d’idéologie du jour au lendemain sur un coup de tête, que ce soit suite à un attentat ou à une lecture d’un verset vindicatif du Coran. Tout est une question de lente maturation. Pendant qu’eux se complaisent année après année dans la détestation du pays qui les a recueilli, nous réfléchissons de notre côté à la façon correcte de défendre ce dernier face à eux.

Autre argument : comprenez bien que si vous pensez de cette façon, chers gauchistes mentaux, c’est aussi et surtout parce que BigBrother vous fait gober l’idée depuis des dizaines d’années que le courant nationaliste est le Mal Incarné ; vous avez hélas perdu tout esprit critique depuis déjà fort longtemps, la question étant : feriez-vous le même reproche d’adhésion idéologique à un « traumatisé » s’il se rapprochait du parti de Mélenchon ? Vous savez, le parti « humaniste », celui qui tend la main aux clandestins islamistes et qui se revendique de Mao et Staline ? Peut-être seriez vous moins prompt à faire ce raccourci digne de la pire psychologie de comptoir s’il s’agissait d’un parti mieux perçu par les médias et les bobos, n’est ce pas ?

Enfin, dernier argument et pas des moindres, et qui rejoint le précédent : arrêtez de considérer que la rapprochement avec la droite dure est une perversion idéologique et la conséquence d’un trouble émotionnel. Je ne pense pas parler en mon seul nom en disant que l’objectif à terme de l’idéologie de droite radicale n’est pas l’organisation de ratonnades ni l’extermination pure et simple du peuple islamiste. L’idée directrice qui sous-tend la réflexion identitaire est à contrario à visée humaniste (tiens donc!), puisqu’il  consiste en un projet de protection d’une civilisation, d’un pays, d’un peuple : vous n’êtes peut-être pas d’accord avec la méthode utilisée mais ayez au moins la décence de croire en la bonne foi et la volonté sincère des gens qui composent ce mouvement.

Ah, et posez vous également la question : reprocheriez-vous à celui qui a été atteint d’un cancer et qui s’en est remis de se soucier à temps plein de la progression de la recherche médicale ? De faire front commun avec des associations afin de faire connaitre et progresser sa cause ? Non, j’imagine que non. Alors de la même façon, merci de ne pas reprocher à celui qui a été touché par le cancer islamiste de consacrer son temps et son énergie à y trouver un remède définitif.

 

 

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