Les 1 et 2 juillet 2017, j’ai pris l’avion direction Varsovie pour me rendre à la formation Hussard qui se déroulait donc sur deux jours. L’idée directrice est de se former afin de se préparer au mieux à faire face à des attaques voir à des attentats. Il s’agit d’un stage qui s’articulait autour de trois fondamentaux : initiation au tir, au secourisme, et exercices de musculation. Je parle pour ce stage-là en particulier, sachant que le programme est amené à évoluer avec le temps. L’invité de cette session était Fréderic Delavier, à la précédente il y avait Piero San Giorgio.

L’essentiel de la formation (en terme d’heures) gravite tout de même autour du tir : tir en stand et tir dynamique, avec des Glock et AK-47. Le staff est français, par contre les instructeurs sont polonais et dispensent la formation en anglais, il est donc recommandé d’avoir un niveau minimum pour suivre les explications. Il s’agit de membres (ou ex-membres) du GROM, à savoir les forces spéciales polonaises.

Petite mise au point avant de débuter le récit : j’ai pu lire ici et là que certains se méprenaient sur la philosophie de Hussard (et donc par conséquent, la mienne). Hussard n’est pas une milice ni un groupement idéologique appelant à une quelconque action vindicative : il s’agit là d’une démarche saine  d’auto-défense. Bien évidemment, personne ne devient Rambo après simplement deux jours de formation (à part peut-être ceux qui l’étaient déjà avant). Quant à moi je ne prétends pas arriver à la cheville des forces de police et d’armée qui veillent à notre sécurité chaque jour (je n’oublie pas que c’est l’intervention d’un commissaire qui m’a sauvé le soir du 13/11…), seulement je sais qu’ils ne seront hélas pas toujours là en cas de besoin, vu l’ampleur de la menace.  Le projet est donc de (re)donner aux français confiance en eux, ainsi que des bases pour avoir la possibilité de se défendre en cas de conflit armé.

Les bases étant posées, voici le récit du stage jour par jour :

Jour 1

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15h : nous partons tous en taxi depuis l’hôtel Westin en centre-ville pour une première formation chez Parabellum. Hussard gère les déplacements, ce qui est pratique vu que le site se situe dans un coin paumé de la banlieue polonaise, à environ 3/4 d’heures de route. A notre arrivée, nous sommes accueillis par plusieurs instructeurs polonais, dont un médecin de guerre certifié TCCC (pour « Tactical Combat Casualty Care »).

Le stage s’ouvre sur une conférence (en anglais) tenue par ledit médecin ainsi qu’un soldat. Ils nous montrent, schémas et démonstrations à l’appui, les méthodes à employer lorsqu’il faut secourir un homme gravement touché (notamment par balles) en temps de guerre. Pour cela il emploie un outil appelé tourniquet qui sert à arrêter les hémorragies le plus vite possible. Il s’agit de repérer les points vitaux sur le corps humain afin de pouvoir stopper l’écoulement, tout en faisant attention aux tirs ennemis et en essayant de sortir le blessé de la fameuse « zone rouge ». On sent que la méthode est bien rodée.

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Suite à cela plusieurs groupes de tir sont constitués, selon le niveau de chacun. Personnellement je fais partie du groupe des débutants, étant loin d’être un pro de la gâchette. Nous débutons par une initiation au maniement du Glock, sans munitions. Il s’agit là de savoir manipuler l’arme avec les précautions requises, à savoir remplir le chargeur, comment viser correctement, etc. Puis place à la pratique, à quelques mètres seulement de la cible. Notons que contrairement à l’habituel tir en stand, les instructeurs exigent que vous ne fermiez pas l’œil mais ouvriez les deux, comme en situation de combat réel. Après quelques essais, on s’éloigne légèrement de la cible, puis l’instructeur nous demande de faire des tirs enchainés, c’est à dire avec des mouvements de va-et-vient du doigt sur la gâchette.

La session n’est pas spécialement longue mais elle sera plus poussée le lendemain. Pendant qu’un autre groupe passe à l’action, nous nous restaurons et retournons avec le médecin de guerre qui nous propose des exercices pratiques. Nous essayons le tourniquet sur nous-mêmes, il faut serrer un maximum pour que ce soit efficace : je peux vous dire que c’est particulièrement douloureux (surtout quand l’instructeur vient corriger votre travail!). Le type est plutôt sympa et abordable. Comme Delavier assiste aussi à la formation du jour 1, nous en profitons pour échanger brièvement nos expériences du 13/11 (il était dans un restaurant pas loin quand c’est arrivé). La session se termine vers 21h30, retour à l’hôtel pour les plus fatigués, début de la fête pour les plus courageux.

Bref, ambiance plutôt conviviale pour cette première journée où nous avons eu surtout de la théorie (secourisme, maniement) et peu de pratique, mais le programme du lendemain promet d’être chargé !

Jour 2

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Lever aux aurores (enfin vers 7h30) pour cette fois aller faire du tir dynamique dans la campagne polonaise ! Difficile pour ceux qui n’auront pas su résister aux sirènes de la vie nocturne de Varsovie… Comme la veille, nous partons tous en taxis à partir de l’hôtel commun pour nous rendre encore plus loin (mais toujours à Varsovie), cette fois dans un gigantesque stand de tir outdoor. Nous retrouvons une partie des instructeurs de la veille, qui vont cette fois nous initier au tir dynamique avec le Glock (même modèle que le jour 1) puis nous testerons le AK-47.

Aujourd’hui nous tirons donc en extérieur, d’abord de façon statique comme la veille pour nous échauffer un peu. L’idée consiste ensuite à enchainer des tirs rapides sur plusieurs cibles distinctes (bas en haut ou gauche à droite). Nous apprenons également à changer de chargeur rapidement en cours d’attaque (évacuer le chargeur à terre puis récupérer le second dans son holster). Enfin vient le fameux tir dynamique, qui consiste donc à tirer sur la cible en restant à mouvement : c’est l’instructeur qui nous donne le signal et nous guide, une fois en avançant, une fois en reculant. Plus facile à dire qu’à faire, vous vous en doutez.

Pendant qu’un autre groupe tire, un autre instructeur vient cette fois nous présenter le AK : comment le tenir, le manipuler, le recharger. Il nous fait également quelques démonstrations impressionnantes de mouvements en situation de conflit (recharges rapides, visée, roulades,etc) Puis vient notre tour d’utiliser le AK en stand, en mode coup par coup. Sans surprise, le maniement est bien différent du pistolet et on ressent toute la puissance de l’arme lorsqu’on vide le chargeur sur la cible.

Je précise à ce stade du récit que tous les instructeurs du stage respectaient scrupuleusement les consignes de sécurité, veillant à garder un œil sur les participants et les armes à chaque instant. Pas d’inquiétude de ce côté là donc.

La matinée terminée (vers 14h!) et après un rapide détour pour nous restaurer, direction cette fois le Cityfit du centre-ville de Varsovie. Nous avons rendez-vous avec Fréderic Delavier pour une conférence qui consiste en une session de questions-réponses autour de la musculation et de la santé. N’étant pas un grand expert en la matière je cède ma place aux autres pour ce qui est des questions pointues. Nous en profitons également pour découvrir la salle de sport qui est absolument immense (deux grands étages) et contient de multiples appareils que je ne connaissais même pas. Un peu d’exercice ne fait jamais de mal.

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Le soir le staff nous réunit dans un restaurant polonais assez huppé, où nous mangeons très bien : spécialités polonaises en entrée, plat/dessert + demi de bière, le tout pour 25 euros chacun : c’est l’un des avantages de la vie polonaise, on y mange (et on y boit!) pour pas cher. Nous en profitons pour faire un peu plus ample connaissance avec les autres participants. Il y a un peu de tout, du policier, de l’ex-militaire, de l’ex-musulman (!), tous réunis dans des valeurs relativement homogènes. De droite, de préférence.

A ce sujet, j’en profite pour faire taire les rumeurs qui voudraient que ne soient rassemblés dans ce genre de formations que des bourrins sans cervelle haineux et xénophobes : ce n’est absolument pas le cas. J’y ai rencontré des gaillards sympathiques et cultivés, cherchant simplement à se former efficacement et à découvrir un autre pays et une autre culture. Rien de plus.

Bilan du séjour

Globalement positif. Je me doute qu’il y en aura toujours pour se plaindre d’une quelconque publicité déguisée mais ce n’est pas le cas : j’ai honnêtement apprécié le séjour, dont le contenu proposé me parait correct pour le prix (environ trois cent euros). Après il y a évidemment toujours des petits réglages à faire, mais cela reste une expérience positive, en matière d’apprentissage comme de rencontres.

Pour résumer :

Les +

-Des instructeurs solides, sérieux et pertinents. Ce n’est pas rien de côtoyer des gars du GROM.

-Des bases intéressantes en tir (stand et dynamique), qui conviennent aux débutants comme moi comme aux confirmés qui ont eu droit à des exercices plus difficiles

-Les cours de secourisme (TCCC) : passionnants et malheureusement plus que jamais utiles.

Les –

-Organiser la soirée restau’ au début aurait été judicieux, afin de prendre plus de temps pour mieux se connaitre (même si je sais que cela est notamment dû aux arrivées différées des participants)

-Songer peut-être à revoir l’équilibre de la formation : la première journée n’était pas trop chargée (surtout de la théorie, début à 15h) tandis que la seconde l’était beaucoup (de 9 à 23h!)

Pour tous ceux qui voudraient des infos supplémentaires, voir les pages internet et fb de Hussard : http://hussard.pl/ et https://www.facebook.com/hussardbootcamp/

 

 

 

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