Ce billet me parait primordial et me fait me dire que j’aurais sans doute du commencer par là avant de me livrer à d’autres débats et démonstrations écrites. Car oui, j’entends souvent ça et là des remarques du genre, « Mais tu mélanges tout ! Tu mets tout le monde dans le même sac et tu traites tout le monde de gauchistes ! ». Comme si en fait, je classais simplement TOUS les gens que je n’aime pas, pour une raison ou une autre, dans le camp de la gauche. Cela serait vulgariser ma pensée à outrance, d’où l’intérêt dudit billet.

Soyons d’accord sur notre désaccord, et affirmons-le une bonne fois pour toutes : OUI, sur certains sujets, pour ne pas dire beaucoup, je simplifie les choses. Ça ne veut pas dire que mon discours perd de sa substance ou de sa logique pour autant : ça s’appelle de la communication. Cela signifie que pour ne pas perdre l’attention du lecteur, je ne dois pas en faire des tonnes et exposer mon idée si possible de façon claire et rapide. J’insiste sur « rapide » : je sais que certains s’arrêtent au titre des articles et les commentent sans les lire (pour celui là, ils vont être bien emmerdés ahah). L’idée n’est pas d' »abaisser le niveau », ce serait improductif : non elle est simplement d’aller droit au but, d’employer parfois des expressions et/ou des tics de langage pour en remplacer d’autres qui prendraient dix lignes à expliquer au lieu d’une seule.

J’en arrive donc au cœur du sujet et à ma définition du gauchiste mental. Comme je le disais, on me reproche parfois d’utiliser le terme gauchiste comme un fourre-tout, ce qui n’est que partiellement vrai : en réalité quand j’emploie le terme « gauchiste », cela signifie pour moi et par raccourci « gauchiste mental ». Et là certains vont me dire : A quoi rime cette distinction ? Et d’ailleurs quelle est la différence ?

Au risque d’en choquer certains, je vais commencer par une illustration qui à mon sens est assez révélatrice de l’idée directrice : je ne classe pas forcément les gens dans le camp des gauchistes, donc des gauchistes mentaux, en fonction de leur vote. Surprenant n’est-ce pas ? J’en rajoute une couche : je considère le vote comme simplement anecdotique, pour la simple et bonne raison que la grande majorité des gens ne savent pas pour qui ou pour quoi ils votent. On a pu le voir aux dernières élections (mais aussi aux précédentes), les gens ne lisent pas les programmes et ne savent pas qui propose quoi. Il y en a même un nombre certain qui sont authentiquement persuadés que Macron n’est pas un homme de gauche. Dans ces conditions, si dans leur esprit ils votent pour quelqu’un qui n’est pas de gauche, comment de facto les considérer comme étant de gauche ? Prenez bien en compte, encore une fois, que je parle de leur propre interprétation des faits : il faut se mettre à la place d’un individu, à travers ses yeux, pour appréhender SA réalité, et non LA réalité (à savoir, que Macron est objectivement de gauche).

La conclusion de cette digression sur le vote, c’est qu’on peut voter Macron (et donc un « homme du centre/sans parti » d’après cette vision altérée) et ne pas être de gauche dans le sens politique classique. Inversement, je trouve ça particulièrement hypocrite tous ces gens qui votent pour un Juppé aux législatives et se déclarent de droite : de nombreux observateurs tels que Zemmour l’ont démontré, il n’y a pas plus traitre et consensuel qu’un Juppé qui est plus gauchiste dans son programme et son comportement que bien des socialistes pur jus ! Ce qui signifie, accrochez-vous bien, qu’il y a donc des droitistes ou assimilés qui ont voté pour le gauchiste Macron, et des gauchistes (mais qui se croient de droite) qui ont voté Juppé. Le vote en soi n’est donc pas une info suffisamment pertinente pour pouvoir « classifier » les gens, parce qu’il suppose que les gens soient assez intelligents et/ou cultivés pour savoir pour qui/quoi ils votent. Or ce n’est pas le cas. Je ne vais pas ici me lancer dans un débat houleux sur la démocratie, mais je pense qu’on est tous à peu près d’accord pour dire que si c’était un système qui fonctionnait et que les électeurs étaient assez malins pour en faire bon usage, on n’aurait pas la duologie Hollande-Macron depuis 2012.

Bref, le « gauchisme mental » n’a rien à voir avec le parti pour lequel vous votez, le vote constituant un indice quant à votre logiciel de pensée idéologique, rien de plus. En fait cela va plus loin, il s’agit d’un véritable état d’esprit complétement délirant, qui suit sa propre logique qui n’en est pas une, et qui donc pourra vous faire voter pour untel ou untel de façon totalement incohérente et quasi-aléatoire. Ou bien encore, adhérer à deux projets pourtant complétement antinomiques. Par exemple, se déclarer ouvertement féministe et pro-Islam.

Et donc, le gauchisme mental peut au final se résumer en deux mots : DÉNI de la RÉALITÉ.

J’entends déjà les Jean-Gauche se plaindre comme quoi la réalité est subjective (oui ils sont capables de tout…), je leur répondrais que là ou un gauchiste mental se base sur la théorie, sur ce qu’il a lu dans 3-4 bouquins, sur ce qu’il SOUHAITE pour le monde, le droitiste mental lui se réfère de façon PERMANENTE et quasi-compulsive à une multiplicité de sources écrites et orales, à des chiffres et des courbes, à des informations aussi fiables que possibles qu’il aura réunies et recoupées afin d’obtenir le résultat le plus proche de la vérité. Il se met à jour, il évolue.

D’où la définition, logique, du droitiste mental : LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ.

Le droitiste se fiche bien que la vérité soit belle ou moche, sympathique ou extraordinairement cruelle. Il ne s’attend pas forcément à ce qu’elle corresponde à ses attentes, à sa propre vision du monde : s’il se rend compte que la réalité est différente de ce quoi il s’attendait – en mieux OU en pire – alors il sera capable de se remettre en question, de changer, au moins partiellement, son point de vue. Il prendra en compte l’information et l’intégrera à son logiciel de pensée. La prochaine fois qu’il débattra du  sujet avec un contradicteur, il aura ajouté cet argument à son discours, l’amenant éventuellement à s’auto-contredire si nécessaire.

Le droitiste mental est capable de s’excuser, de dire qu’il s’est trompé, que sa vision de la réalité était biaisée. Il peut s’être rendu compte qu’en cherchant la VÉRITÉ, celle-ci était en fait plus complexe qu’il n’y parait. Illustrations de base : « Tiens, Trump, Poutine et Assad ne sont pas FORCEMENT les monstres sans nuance que l’on décrit. » « Tiens, l’anti-racisme qui est une noble cause à la base a été dévoyé et ne sert quasiment plus que les intérêts des racistes anti-France. » Le droitiste est capable de cet effort mental, il peut, même au prix d’efforts parfois surhumains, se REMETTRE EN QUESTION.

Le gauchiste en est strictement incapable. Il campera à vie sur ses positions, parce qu’il a décidé que SA vision de la réalité était LA réalité permanente et intemporelle. On peut aisément comparer ce comportement liberticide de la pensée à celui d’un religieux extrémiste, qui va suivre les préceptes d’un bouquin à la lettre sans jamais chercher à savoir si la réalité du monde correspond bel et bien à la réalité du livre. Il ne s’interrogera pas davantage quant à la morale en une époque donnée, par exemple s’il est encore sain en 2017 de lire un livre où le type qui ordonne votre mode de vie aime se taper des gamines de 7 ans et s’en vanter publiquement.

C’est la même chose pour le gauchiste mental : il considère que SA morale doit être LA morale dominante, peu importe les siècles d’Histoire qui ont précédé. Il se fout de savoir que depuis des millénaires il y a deux sexes, deux genres bien définis, avec leurs caractères propres, leurs forces et leurs faiblesses. Le gauchiste vous dira que le sexe est une construction de la société, parce que lui-même en a décidé ainsi, et qu’il ne supporte pas la contradiction.

La question est donc : comment devient-on un gauchiste mental ? Et la question corolaire sera, peut-on s’en extirper ? Trêve de suspense, la réponse à la 2e question est OUI, et découle tout naturellement de la réponse à la première.

NOUS devenons gauchistes parce que la société nous transforme en gauchistes. A part d’être élevés par des parents qui votent facho depuis trois générations, d’être éduqués à domicile et non à l’école publique propagandiste, et d’avoir dès le plus jeune age une énorme force de caractère, il est difficile de ne pas devenir un gauchiste mental dès son plus jeune âge, du moins aux XXe et XXIe siècle. Tu es donc démasqué cher lecteur, je me doute que comme l’auteur de ces lignes tu es un ex-gauchiste mental : ne t’auto-flagelles pas, l’effort de propagande du camp adverse fut conséquent  – ils nous ont cueilli au berceau et nous ont bourré le crane quotidiennement – pense plutôt à te réjouir d’en être sorti, quel que soit ton âge et ta condition.

Quand je dis que la réponse à la 2e question découle de la 1ere, c’est parce que je considère que beaucoup d’entre nous, droitistes, patriotes, faf, quel que soit le nom que l’on nous donne (droitistes mentaux pour ma part donc), sommes comme des ex-junkies qui avons réussi à décrocher. Ceux qui sont encore des gauchistes mentaux aujourd’hui, à un âge et/ou à un stade plus ou moins avancé, sont ceux qui sont encore et toujours drogués. Ce sont les plus faibles, les moins malins, ceux qui se sont fait terrasser par la propagande d’État, qui a vaincu leur esprit de façon irrémédiable. Ils n’ont plus les capacités mentales pour faire un retour en arrière.

LEUR RÉALITÉ – et donc celle qu’ils considèrent comme vraie et unique – sera ÉTERNELLEMENT celle qu’on a leur apprise à un moment donné, par exemple celle qu’on leur a enfoncé  dans la tête à coups de burin idéologique pendant la tendre enfance : l’anti-racisme dégénéré, l’ultra-tolérance et l’acceptation de l’autre quand bien même ce serait un « migrant » terroriste, assassin et violeur, la haine pure et dure du flic, quand bien même ce dernier serait bon comme le pain…etc… Vous avez compris l’idée.

Attention, je ne suis pas en train de dire que je les excuse d’être comme cela parce que la société les a modelé à son image : non, ce serait trop facile. C’est une circonstance atténuante peut-être, mais de mon côté et en tant que bon droitiste, j’ai toujours été favorable au principe de responsabilité personnelle. S’ils n’ont pas su changer de bord, se remettre en question, ce sera à cause, en plus de leur manque d’intelligence et de réflexion, d’une certaine paresse intellectuelle qui a tendance à m’irriter au plus haut point. Donc oui, ce n’est pas totalement leur faute s’ils sont devenus ainsi, mais c’est leur faute s’ils le sont restés.

Voila donc pour l’explication détaillée de mon abus de langage : quand je parle de gauchiste, je ne considère  pas la personne en fonction de son bulletin de vote, mais de son logiciel de pensée. J’appelle gauchistes ceux que je considère comme étant « gauchistes mentaux », à savoir ceux qui nient le principe de réalité, tout simplement. Merci pour votre attention : vous pouvez retourner à vos occupations, à savoir ré-informer des gens qui pour la plupart ne prendront jamais en considération le moindre de vos arguments, aussi brillants soient-ils, parce que leur bêtise combinée à leur fainéantise les conduira à demeurer d’éternels gauchistes mentaux.

Bon c’est pas très optimiste comme conclusion je sais. Mais j’ai rien de mieux sous la main.

 

 

 

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